L'avantage d'avoir des parents instituteurs, c'est que vous habitez souvent le logement de fonction. Dans ma première maison, il y avait un grand couloir qu'il fallait traverser pour entrer dans la cour de l'école. La plupart des enfants du village avait un jardin pour s'amuser et se défouler. Mon frère et moi avions la cour de récréation pour apprendre à faire du vélo, du patin à roulettes... Nous avions l'espace de détente de l'école pour nous tous seuls dès que les portes se refermaient. Pour que nous puissions quitter cette atmosphère scolaire, nos parents nous emmenaient en voyage à chaque fois que c'était possible. Je soupçonne mon père d'avoir aussi voulu échapper à toutes les sollicitations auxquelles il aurait dû répondre s'il était resté au village pendant les vacances. Mon père était un instituteur à la Pagnol, à la fois homme publique et "Monsieur Tout-le-monde". Aujourd’hui encore, quand je reviens au village, beaucoup de gens me saluent et me demandent des nouvelles et je ne les (re)connais pas. Ainsi, j'ai appris à écouter les gens et à leur parler pour ce qu'ils m'offrent sur le moment, et pas pour ce que je pense savoir d'eux.